Défendre la liberté de création et de diffusion

La multiplication des annulations et déprogrammations de spectacles doit collectivement nous interpeller. En tant que syndicat professionnel, notre rôle est d’alerter les pouvoirs publics sur une évolution inquiétante qui remet directement en cause la liberté de création, de programmation et d’expression. 

Le cas de l’annulation de la pièce « Passeport » d’ Alexis Michalik n’est malheureusement pas un épisode isolé.

Depuis plusieurs mois, les professionnels du spectacle vivant constatent, avec inquiétude, une recrudescence de situations où des représentations sont remises en cause non pas par le débat critique, mais par des logiques d’empêchement.

Nous tenons à le rappeler avec force : la liberté de création, de programmation et d’expression n’est pas une variable d’ajustement. Elle est un principe fondamental protégé par la Loi et l’un des piliers de notre démocratie. Elle est aussi la garantie de la liberté d’entreprendre des acteurs culturels. 

Que des élus contestent une œuvre est légitime. En revanche, qu’ils empêchent sa création ou sa diffusion, sur la base de critères politiques qui leur sont propres, est inacceptable. 

Au-delà des artistes, ce sont l’ensemble des acteurs du spectacle vivant - producteurs, diffuseurs, exploitants et équipes artistiques - qui sont directement concernés par une nouvelle forme de censure qui les menace insidieusement chaque jour un peu plus. 

Face à ces dérives, nous appelons l’ensemble des responsables publics à une vigilance particulière. Une démocratie vivante protège la liberté de créer, de programmer et de débattre. Elle ne cède pas à la censure, quelle qu’en soit l’origine.

Ekhoscènes continuera à défendre avec détermination ces principes essentiels pour la création et la vitalité culturelle de notre pays.

Dans cette perspective, Ekhoscènes organisera le 16 juillet à Avignon une table ronde consacrée aux entraves à la liberté de création et à l’instrumentalisation politique de la culture. Cette rencontre réunira des personnalités politiques, des professionnels et des observateurs du secteur afin d’éclairer les ressorts de la bataille culturelle à l’œuvre aujourd’hui, d’en décrypter les messages sous-jacents et d’en mesurer les conséquences pour la création artistique et le débat démocratique.